J’écoute Satie.
Et me souviens d’une vie.
Celle où tout était clair.
Sur « Gnossienne N°1 », non je ne veux pas m’endormir.
Même si de fatigue, mes yeux se ferment.
Tout ce que je veux c’est écrire.
Ecrire…
Il n’y a que ça que je sache faire.
Je me demande…
Je me souviens d’une vie où les rires ne m’affectaient pas.
Où quand je te regardais, c’était une rose bleue que tu m’offrais.
La douceur d’une vie, le bonheur d’un instant.
Figé…
Ah l’amour !
Je l’ai bien connu.
A force de jour, il s’en est allé. Espérant trouver son indépendance.
Je l’ai laissé voyager, pensant qu’il mûrirait…
Et me reviendrait…
Mais c’est la mort qu’il trouva en chemin.
Sans avoir pu le serrer dans mes bras.
« Nocturne IV »…
Epuisée, je me remémore.
Etait-ce bien moi ?
Ou une autre qui vécut dans l’ignorance ?
Les souvenirs m’échappent.
Comme s’ils avaient appartenus à quelqu’un d’autre…
Le piano continue sa ballade, sans m’attendre…
A bout de souffle,
je traîne sur « Trois gymnopedies ».
Tout en douceur.
Et te voilà, devant moi.
Bien présente.
Ma réalité…
Enlaces-moi que je continue.
Retiens-moi, que je reste.
Mon désir s’attarde, mon envie se lasse.
Tout ce que je veux, c’est écrire.
Car les mots, tu ne les as plus.
Je les récupère.
Un à un, tombés au sol.
Ceux que tu as piétinés, je les laisse.
Pour une autre.
Pour qui tu réinventera un langage plus doux…
Enlaces-moi, que le passé ne joue plus cette mélodie.
Je ne veux plus me souvenir !
Ô réalité…
Je veux écrire !
Encore !
Des mots sur cette mélodie.
Des mots de cette comédie.
Cette comédie dont tu as eu tellement envie…
Satie, toujours nous écoute.
Les notes de « Je te veux » m’emporte.
Peu importe mon amour ce qu’à présent le temps nous apporte,
prends moi une fois, je te jure, la dernière,
possèdes moi puissamment toute entière,
qu’encore une fois, mon amour,
qu’encore une fois, pour toujours,
tu me transportes…
Ô réalité…
Love Voundi